La Plume et le Brise-Glace – Lucio Bukowski x Anton Serra x Oster Lapwass

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Lucio Bukowski et moi ce fut une rencontre soudaine mais intense. J’ai découvert le hip-hop français sur le tard et j’en suis tombée amoureuse. Alors quand tu me présentes à l’Animalerie et ses copains, ben tu obtiens une nana plus qu’heureuse. Et quand je tombe sur L’art Raffiné de l’Ecchymose (Lucio Bukowski ft Nestor Kea) je suis au tapis par KO dès la première écoute. Un son et des textes d’une finesse impressionnantes, des paroles dépressives, nihilistes et des références littéraires et culturelles un peu partout sans tomber dans le concours de queue référentiel façon name dropping.  On pourrait oser la comparaison avec Fuzati:  sauf que Lucio a bon flow et un peu plus de crédibilité et de rage dans ses morceaux. Il est moins nombriliste, aussi. Bref, un album qui fait chialer ou qui accompagne ta tristesse latente, c’est selon. Tu peux d’ailleurs aller écouter quelques morceaux ici.

« Quel était le taux d’suicide chez les Amérindiens ?
Avaient-ils besoin de Freud et de politiciens ?
Et des vies se télescopent au coin d’la rue
Quand les jours bénis s’éloignent au loin d’ma vue
Je n’appellerais pas les keufs si j’ai besoin d’renforts
Chose étrange : plus j’en sais et moins je m’en sors »

J’attendais donc son dernier skeud avec impatience, ça va sans dire, chauffée par le puissant Les lions sont solitaires, dévoilé depuis quelques mois. Et finalement…

L’ami Lucio et son crew nous offrent un album inégal avec quelques morceaux intenses et magnifiques (Les lions sont solitaires, Aubergine), du son plus commercial mais efficace (Tintin au Congo) ou encore un morceau ambiant assez planant (Code Caduc, ft DJ FLY). Le reste accumule les punchlines plus ou moins violentes et parfois bancales, des instrus plus ou moins éclectiques (et qui tiennent plus ou moins la route) …

« J’vois des couples dans ma rue qui se tiennent par la main
Dans la mienne, il y a une lame, un peu de rouge carmin
Et une entaille dans la peau de ma paume
Vos jours sont des unités de temps, les miens sont hématomes »

Mais au final, la sauce ne prend pas. Pas de trame, pas d’histoire, les morceaux se suivent irrégulièrement – et sans parler des deux trois tirades misogynes qui m’ont bien fait chier, avouons-le. Allons Lucio, tu vaux mieux que ça. Y a assez de talent au bout de ta plume pour que tu balances sur les putes et les nanas trop maquillées. On est en 2015, les clichés c’est plus très sexy. Et d’ailleurs, les filles matent du porno. Ouai, ouai.

Mais… Il sait faire mouche. Aubergines et Les lions sont solitaires (dont je suis en kiffance depuis le release sur les internets) font, sans aucun doute, partie des meilleurs sons de l’artiste. Une demi-déception pour cet album, donc.  Je te laisse juge, lecteur, tu seras sans doute plus indulgent que moi!

  • La plume et le brise glace – Lucio Bukowski x Anton Serra x Oster Lapwass
  • Genres: Hip-hop/Rap
  • Sortie: 6 avr. 2015
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